Chang'e et la Lune

Théâtre du rempart

18h00

Chang’e et la Lune

Théâtre contemporain en Français

(à partir de 6 ans)

Durée 1h15

Du 4 au 25 Juillet 2026

Relâches les Jeudis

Chang’e et la Lune revisite un mythe chinois datant de plus de 300 ans avant J.-C. pour questionner notre rapport au temps, dans un monde obsédé par l’immortalité et l’éternelle jeunesse — un monde lancé dans une course contre le temps.

Chang’E, déesse de la Lune, se retrouve coincée sur Terre après avoir suivi Houyi, un astronaute dont elle est tombée amoureuse. Mais sur Terre, elle devient un objet de fascination et d’expériences, enfermée dans un laboratoire. Elle parvient à s’enfuir et entreprend un voyage vers le mont Kunlun, la montagne qui touche la Lune, pour rentrer chez elle.

Sur sa route, elle croise des personnages aussi étranges que drôles, chacun révélant une manière de vivre — ou de fuir — le temps.

Entre philosophie, théâtre, musique, danse et animation, Chang’E et la Lune est une fable poétique et décalée sur un monde qui court après l’éternité jusqu’à oublier de vivre.

Chang’E et la Lune est une forme profondément onirique, née d’un long processus de recherche et de transformations successives. La mise en scène s’est construite par étapes, jusqu’à aboutir à une écriture de plateau singulière, à la frontière du théâtre, du mouvement et de l’image, proche par moments d’un dessin animé vivant. C’est une forme hybride, encore peu vue au théâtre, qui cherche avant tout à embarquer le spectateur dans une expérience sensorielle et immersive.

À partir de la réinterprétation libre d’un mythe, le spectacle ne vise pas à représenter une culture, mais à proposer un voyage universel. Le jeu y est très physique, rythmé, mêlant chœur, danse et variations de ton — du dramatique à l’absurde — pour faire émerger des émotions qui dépassent les mots. La scénographie, volontairement épurée, s’appuie sur un dispositif modulable, des tissus, des projections et un travail de lumière très présent, qui participent pleinement à la narration.

La musique occupe une place centrale dans cette création. Elle accompagne toute la pièce, sans jamais souligner ni illustrer l’action : elle constitue un langage à part entière. Elle a été composée en même temps que le texte, dans un dialogue continu entre l’autrice et le musicien, puis s’est enrichie au plateau dans une relation vivante avec les comédiens. Le musicien improvisait des thèmes en fonction du jeu, se laissant traverser par ce qui naissait sur scène, tandis que les interprètes se laissaient eux-mêmes porter par les émotions et les impulsions musicales. Ainsi, la musique et la pièce se sont écrites ensemble, dans un échange constant.

Parce que le spectacle parle du temps, il interroge aussi profondément la notion de tempo : apprendre à l’écouter, à s’y abandonner, à le traverser comme on entre dans une danse avec la vie.

Au centre de cette forme, une question : comment habiter le temps ? Dans une époque où celui-ci est constamment accéléré, fragmenté, capté — où l’attention elle-même devient une monnaie — la pièce interroge notre capacité à résister à ces injonctions. Comment ne pas subir le temps, que ce soit en courant après lui ou en se perdant dans ses méandres, mais au contraire le vivre pleinement, intimement ?

C’est là que l’enfance intervient comme un axe essentiel du spectacle. Non pas comme un souvenir nostalgique, mais comme un état de présence au monde, une manière d’être au temps plus libre, plus poreuse, plus vivante. Chang’E et la Lune propose ainsi de re-sacraliser notre rapport au temps, en se reconnectant à cette part d’enfance en nous, capable d’émerveillement, d’attention et d’imaginaire.

L’ambition est simple : offrir un voyage sensible, accessible à tous, dans lequel chacun puisse se reconnaître — et peut-être, en sortant, se sentir un peu moins seul, et un peu plus présent.

SARAH ZAHER | MISE EN SCÈNE
 Comédienne, metteuse en scène et réalisatrice, Sarah Zaher se forme au Cours Florent et à l’Irish Film Academy de Dublin. Elle enseigne depuis 9 ans au Cours Florent et fonde en 2024 Les Ateliers Masrah. Elle met en scène des créations contemporaines et pluridisciplinaires, dont Coming Out Artistique et Familia Non Grata. Elle travaille actuellement sur plusieurs projets de création théâtrale et cinématographique. Elle reprend en 2025 la mise en scène de Chang’E et la Lune.

CLARA SAADOUN | AUTRICE, DR NUWA (ET AUTRES RÔLES)
 Comédienne, autrice et metteuse en scène, Clara Saadoun se forme au Cours Acquaviva puis à l’école de théâtre physique La Volia. Elle développe un travail centré sur le corps et le mouvement. Elle co-fonde en 2023 le collectif Le Manège, au sein duquel elle écrit Chang’E et la Lune. Elle mène en parallèle des projets au théâtre et au cinéma, et interprète plusieurs rôles dans la pièce.

EMMA VARICHON | CHANG’E
 Formée au Cours Acquaviva, Emma Varichon co-fonde le collectif Le Manège en 2023. Elle développe un travail à la croisée du théâtre et de la création visuelle. Elle joue notamment dans Éloge de la Forêt et participe à divers projets artistiques mêlant scène, écriture et image. Elle interprète Chang’E.

BAUDOUIN SAMA | EMPEREUR YAO – SAN
 Formé au conservatoire du XVIe arrondissement de Paris, Baudouin Sama joue au théâtre sous la direction de plusieurs metteurs en scène, notamment dans des textes classiques et contemporains. Il mène également une carrière au cinéma et dans le doublage. Il interprète ici l’Empereur Yao – San.

GABRIEL BIZI | HOUYI – JIN
 Formé au Cours Acquaviva, Gabriel Bizi est membre du collectif Le Manège. Il développe un travail entre théâtre de texte et création collective, et participe à plusieurs spectacles présentés en festivals. Il interprète Houyi – Jin.

OCTAVE BESSAIGNET | MUSICIEN LIVE
 Multi-instrumentiste autodidacte, Octave Bessaignet évolue dans des univers musicaux variés (trip-hop, rock psychédélique, ambient). Sa musique, à la fois épurée et sensible, est au cœur du processus de création de Chang’E et la Lune, qu’il accompagne en live au plateau